J40 : Le point après le Cap Leeuwin

J40 : Le point après le Cap Leeuwin

Parti le 6 novembre des Sables d’Olonne avec un objectif de boucler ce Vendée Globe en 90 jours, le skippeur malouin réalise actuellement sa « course parfaite». Après avoir passé le Cap Leeuwin hier, Louis Burton dresse un premier bilan à mi-parcours de son tour du monde. Par deux fois, il s’illustre de la flotte en ayant parcouru le plus grand nombre de miles en 24 heures (son record : 447 miles le 10 décembre). Longtemps à la 11ème place, il se cramponne dorénavant à la 9ème place de ce Vendée Globe. Il reste leader du 2ème peloton au 39ème jour de course, malgré les petits problèmes techniques rencontrés depuis le départ (safran, grand spi, pilote automatique,…).

lalala

Louis Burton raconte : « J’ai la banane, un grand sourire sur les lèvres depuis que j’ai passé le Cap Leeuwin. J’ai mis un peu de sud dans ma route, les prévisions de routage me mettent dans le Pacifique dans pas longtemps. Je suis impatient d’y être. Je suis rincé mais je suis très content, je commence à y croire, on approche de la moitié. Je sais qu’il ne faut pas s’enflammer, derrière c’est encore très long, il reste au moins la même chose à faire et le Pacifique est encore plus éloigné de tout mais je regarde le ciel tous les jours en me disant pourvu qu’il n’y ait pas de problème. La bateau est très bien préparé donc je suis serein. J’essaye de tirer 100% du potentiel de Bureau Vallée. Dans l’Atlantique quand il fallait envoyer au spi pour 2 ou 3 heures, je le faisais mais la dans l’Indien je n’ai pas toujours été aussi raisonnable et ça a payé.»

Bizuth des mers du Sud, son aventure dans l’Océan Indien a tenu toutes ses promesses :

« C’était surprenant, physique, dur psychologiquement. Y a tout le temps du vent, une mer assez grosse, un temps gris, orageux, t’arrête jamais. J’ai vu des baleines tout prés du bateau, puis, Kito a eu son problème avec sa quille, j’ai été mis en alerte pour peut être aller le chercher puis ensuite il a fallu passer à côté de son épave. On m’a signalé un iceberg hors de la zone d’exclusion des glaces. On en sort à peu prés indemne avec un peu de réussite et pas mal de chance, parce que si tu passes par la avec de la malchance ça peut très mal finir» explique Louis.

Avec une avance de plus de 500 miles sur son poursuivant, ce n’est pas le moment de se relâcher. Louis reste attentif et concentré :

« Je fais le tour d’usure du bateau tous les jours à l’intérieur mais à l’extérieur c’est un peu compliqué pour le moment. Je me suis fait une frayeur il y a 2 jours en faisant un check sur la quille, j’avais un des boulons qui tient le vérin sur la tête de quille qui était en train de se desserrer, on n’est pas passé loin de la correctionnel mais j’ai pu gérer ça à temps. Maintenant je vais devoir trouver une solution car j’ai des entrées d’eaux par la fausse mèche de safran qui est dans le cockpit, y a un joint qui fait défaut donc je travaille sur ce sujet la en ce moment. »

A l’orée du Pacifique, le skippeur malouin n’en oublie pas la vie à Terre :

« Si je devais commander quelque chose au Père Noel, ce serait de décaler Noel au 20 février pour être sur de pouvoir le fêter avec mes enfants (Lino et Edith 5 et 3 ans). La solitude est difficile à gérer mais heureusement je peux échanger régulièrement avec mes proches qui me donnent des nouvelles du monde sinon ce serait l’enfer d’être isolé à 100%» conclut Louis. Car même si c’est une aventure humaine incroyable, il ne faut pas oublier que l’Everest des mers reste, la course en solitaire, sans assistance et sans escale la plus difficile au monde.

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