J+17 : Pétole, avion en papier, mais plus que jamais motivé

J+17 : Pétole, avion en papier, mais plus que jamais motivé

Après 16 jours de course, Louis Burton est en 14ème place. Si le début de course s’est bien passé, le skipper de Bureau Vallée ronge désormais son frein dans la pétole en attendant de toucher du vent.

Bien accroché à sa 13ème place jusque ce matin, Louis Burton ne boudait pas son plaisir. Commençons par un calcul simple : devant lui se trouvaient 11 IMOCA dessinés par VPLP-Verdier et un plan Farr Modifié (Jean Le Cam). En résumé, 12 bateaux plus rapides que son Bureau Vallée.

Sauf que rien n’est jamais simple sur un Vendée Globe. Une vaste zone anticyclonique sans vent s’est mise en travers de sa route et de ses poursuivants. En tant que leader du peloton, il a été le premier à buter sur cette zone… servant d’éclaireur pour les autres. Le bilan est pour le moment plus que mitigé, avec une place et beaucoup de milles perdus au dernier pointage. Louis Burton illustrait hier avec humour cette « pétole » dans une vidéo où il s’est amusé à lancer un avion en papier depuis le pont du bateau… qui a atterri sur sa casquette. Preuve en est que malgré cette période dure pour les nerfs, le moral reste bon sur Bureau Vallée.

 

« Je suis à donf mais quand il n’y a pas d’air, il n’y a pas d’air. Je me suis pris la tête sur la météo. Au début je pensais que ça ne pouvait pas le faire le long de la dorsale donc j’ai commencé à partir au Sud-Ouest. Et en fait, j’ai remis pas mal d’Est dans ma route. C’est bien bouché. Là je suis à 8 nœuds… Quelle misère. Il faut se méfier quand même. Ça pourrait être tentant d’aller se reposer mais il faut faire gaffe. A deux/trois nœuds près et à cinq degrés d’angle tu ne mets pas la même voile. Je reste concentré, sur le pont. C’est rageant car je me suis échiné à distancer mes petits camarades pendant 15 jours, et là je les vois revenir sans pouvoir rien faire. »

La pétole n’a cependant pas que des inconvénients. Ces quelques journées de calme auront permis à Louis de réparer les petites choses cassées sur Bureau Vallée lors de ces 15 premiers jours très rapides.

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« J’ai maintenant hâte que le vent revienne, et surtout hâte de passer le Cap de Bonne Espérance et de découvrir les mers du Sud. Je suis venu sur ce Vendée Globe pour terminer et engranger de l’expérience. Dans 3 jours, je battrais mon humble record personnel de jours passés en mer. Aujourd’hui, c’est un peu dur, mais je tiens pour le moment l’objectif sportif que je me suis fixé. Après, c’est forcément rageant de voir les mecs devant qui atomisent et nous collent 2000 milles en 15 jours. Mais je sais que j’aurais dans les prochaines saisons l’occasion de jouer devant. »

Cet après-midi au pointage de 14h UTC, le vent est légèrement revenu pour Louis Burton. Philosophe, le marin était positif au téléphone :

« Clairement il y a tout à refaire. En même temps, après l’abandon de Bertrand de Broc qui était tout prêt de moi, je vais à nouveau rentrer en mode régate, ce que je trouve plaisant. Ça oblige à avoir des objectifs à court terme et à rester en mode course. En plus, c’est avec Fabrice (Amedeo), avec qui nous nous sommes tirés la bourre l’année dernière sur l’arrivée de la Jacques Vabre. Il avait fini 3 minutes devant moi. Hors de question que ça se reproduise. »

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